ENTRETIEN. Figure des premières heures des Gilets jaunes, Jacline Mouraud n'a pas participé à la mobilisation du 17 octobre, qu'elle juge « récupérée par l'extrême gauche. »
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Le JDD. Pourquoi refusez-vous de participer à la mobilisation ?
Jacline Mouraud. Les Gilets jaunes, c'était un mouvement spontané, apolitique et asyndical. Quand nous sommes descendus dans la rue, les syndicats et les partis politiques étaient sans voix : ils n'avaient rien organisé et subissaient totalement. Aujourd'hui, cela n'a plus rien à voir. Le mouvement a été totalement récupéré par cette extrême gauche haineuse, violente et extrêmement organisée. Je ne suis donc pas allée gonfler les rangs de Mélenchon.
Pourtant, la vie chère, à l'origine de la colère de 2018, reste au cœur des revendications…
Tout le monde a une bonne raison de manifester aujourd'hui ! Mais la gauche se sert de ces revendications légitimes comme d'un cheval de Troie. Moi, j'ai fait les ronds-points en Bretagne. Les gens n'avaient pas envie de tout casser. On bloquait pour revendiquer.
Je ne vois pas comment des gens qui ne cassent rien pourraient rejoindre ceux qui cassent tout. Dans les grandes villes, c'est toujours celui qui casse qui finit par prendre le dessus sur celui qui manifeste pacifiquement.
Propos recueillis par Geoffroy Antoine, Le Journal du Dimanche, 18 octobre 2026.